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Afin d'affiner votre compréhension sur le sujet, nous vous invitons à poursuivre avec l'article qui suit :

Cet article traite d’une devise du marché des changes : le réal brésilien (BRL). Le Brésil étant une économie majeure de l’Amérique du Sud, elle est d’être utilisée par nos lecteurs (voir notre article sur le marché des changes pour des ordres de grandeurs sur le marché des changes).

Il sera utile aux décideurs responsables de la gestion du financement et du risque de change en entreprise, mais aussi à toute personne intéressée par la compréhension du marché des devises.

Faits généraux sur le réal

Réal peut s’écrire sans accent comme en portugais, l’Académie Française recommande l’accent c’est pour quoi c’est la forme que nous avons retenu. Le réal brésilien a été crée après l’indépendance du Brésil en 1822.

C’est une monnaie qui a connue de très forte dévaluation dans son histoire à cause d’une inflation chronique dans les années 80 : de 100 à 200% par an puis d’une hyperinflation, jusqu’à 3000% en 1990 (source [1]).

La monnaie actuelle a été créée en 1994 avec une valeur de 1 BRL = 1 USD. Au taux de USDBRL = 5,5 à fin 2025, la dévaluation annuelle moyenne capitalisée contre le dollar américain est de 5,65% par an sur 31 ans.

D’après l’étude triennale de la BRI, les transactions impliquant le BRL représente 0,9% des opérations sur le marché des changes en 2025, une part constante depuis 2022 (source [2]).

Attractivité du Brésil pour les entreprises françaises

Le Brésil est un marché particulièrement attractif pour les entreprises françaises, grâce à sa taille et sa diversité économique. Avec plus de 1 300 filiales de groupes français implantées sur son territoire, dont 39 des 40 entreprises du CAC 40, le Brésil est devenu un pôle stratégique de présence industrielle et commerciale pour la France, générant près de 520 000 emplois locaux et un chiffre d’affaires important (source [3]).

Sur le plan des investissements directs étrangers (IDE), Le Brésil est la deuxième destination des IDE français parmi les marchés émergents, juste derrière la Chine, et la première destination d’IDE en Amérique latine, avec un stock d’environ 69,3 milliards USD en 2024. Cette position s’est renforcée ces dernières années grâce à des engagements de long terme dans les secteurs des services, de la finance, de l’énergie et de l’industrie manufacturière (transports, automobile, aéronautique).

Les échanges commerciaux bilatéraux, bien que modestes comparés aux partenaires européens, atteignent environ 8 milliards d’euros en 2024.

Les exportations françaises vers le Brésil atteignent 4,1 milliards d’euros en 2024 (-5,1% par rapport à 2023). Elles sont tirées par les matériels de transport (1,1 milliards d’euros), principalement des aéronefs et leurs composants, ainsi que des véhicules et leurs accessoires, représentant plus d’un quart du total. Les produits chimiques, parfums et cosmétiques (0,9 milliards d’euros) occupent également une place majeure, représentant un cinquième des exportations françaises. Suivent les machines industrielles, agricoles et diverses (0,5 milliards d’euros) et les produits pharmaceutiques (0,4 milliards d’euros).

Les importations françaises depuis le Brésil totalisent 3,9 milliards d’euros en 2024 (-2,8%). La France importe principalement des produits agricoles, agro-industriels et les minerais. Le secteur agroalimentaire (1,1 milliards d’euros), représentant la première catégorie, suivi par le secteur extractif (0,9 milliards d’euros). Tous deux ont enregistré une baisse des importations en provenance du Brésil, qui ont été toutefois compensées par une hausse des importations de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (+14,3%, atteignant 0,5 milliards d’euros), qui se hissent désormais au troisième rang des importations françaises depuis le Brésil (source [3]).

L’attractivité du Brésil tient aussi à sa grande population (213 millions d’habitants), à la taille de son marché intérieur et à ses ressources naturelles abondantes. De plus, des initiatives récentes (comme le Forum économique France-Brésil) visent à accroître les flux d’investissement jusqu’à 100 milliards de réaux d’ici 2030, principalement dans des secteurs clés d’infrastructure et d’énergie, ce qui pourrait ouvrir de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises.

Paiements internationaux avec le Brésil

Pour les transactions interbancaires internationales, le Brésil est connecté aux réseaux SWIFT et CLS, où le real brésilien (BRL) est utilisé, bien que sa part reste modeste par rapport aux grandes monnaies mondiales.

Brésil n’a pas de contrôles de change stricts au sens de restrictions générales sur les mouvements de capitaux comme dans les systèmes de permis ou quotas qui ont existés par le passé. Le pays fonctionne aujourd’hui sous un régime de change flottant, où le taux de change du réal est déterminé par l’offre et la demande sur le marché des changes, et la Banque centrale du Brésil (Banco Central do Brasil) n’intervient que ponctuellement pour réduire une volatilité excessive.

Dans le cadre juridique, le Conselho Monetário Nacional (CMN) fixe les grandes lignes de la politique des changes et la BCB assure la régulation du marché des changes, sans restrictions générales aux mouvements de capitaux. La législation adoptée depuis 2022 (la New Foreign Exchange Law, Loi 14 286/2021) vise notamment à simplifier et moderniser le marché des changes, en levant certaines anciennes contraintes et en permettant notamment à des résidents et non-résidents de réaliser des opérations de change plus librement via des entités autorisées (source [4]).

Un impôt sur certaines opérations de change est en place : l’Impôt sur les Opérations Financières (IOF-FX pour les opérations de change).  Les taux ont beaucoup changés récemment : le taux sur les rapatriements de bénéfices sur des IDE a été réduit à 0% le 1er janvier 2026, contre 3,5% entre mai 2025 et décembre, et 0,38% avant (source [5]).. Nous conseillons à nos lecteurs d’être très vigilant sur la réglementation fiscale.

Les échanges internationaux du Brésil

Le Brésil est l’une des économies émergentes les plus intégrées au commerce mondial, avec des échanges internationaux représentant environ 35 % de son PIB. Ses exportations reposent principalement sur les matières premières : soja, minerai de fer, pétrole brut, sucre et viande, tandis que les importations sont dominées par les biens industriels, équipements, produits chimiques et électroniques. La Chine est de loin son premier partenaire commercial, devant les États-Unis et l’Union européenne, ce qui reflète l’ancrage du Brésil dans les chaînes de valeur mondiales, notamment agricoles et énergétiques.

Cette structure se retrouve dans la balance des paiements. Le Brésil affiche généralement un excédent commercial de biens, mais un déficit structurel sur les services et les revenus primaires (paiements de fret, de services financiers, dividendes et intérêts versés aux investisseurs étrangers). En conséquence, le compte courant est souvent légèrement déficitaire, mais largement financé par des flux IDE, stables et significatifs. Ce profil confère au Brésil une résilience externe relative, tout en le rendant sensible aux cycles des prix des matières premières et aux conditions financières internationales.

Cours historique du réal brésilien contre euro

L’historique du BRL n’est disponible que depuis 1994, comme expliqué précédemment. Le BRL est une devise en situation de dévaluation chronique due à une inflation durablement plus élevé que dans les pays développés.

Depuis 2000, l’inflation au brésil n’est jamais descendue en dessous de 3,5%. Elle était de 8,3% en 2021, 9,3% en 2022, 4,6% en 2023 et 4,4% en 2024 (source [1]).

Cette inflation est compensée par des taux d’intérêt élevés. Par exemple, en janvier 2026 : 13% sur les obligations d’états brésiliennes de 1 an à 10 ans.

La difficulté pour les acteurs économiques est que la dépréciation du BRL n’est pas linéaire. Le BRl s’est même apprécié contre l’euro de 2003 à 2011.

Volatilité

La volatilité du dollar contre euro est l’objet d’un article dédié (Historique de la volatilité EURUSD) qui aborde les aspects calculatoire.

Pour la volatilité du réal brésilien contre euro, il est possible de mettre en œuvre la même méthode.

La volatilité historique à 1 an du BRL depuis 1994 est de 17% environ d’après FXtop. C’est un niveau  de volatilité très élevé qui s’explique par des épisodes de crise durant lesquels le BRL se déprécie soudainement.

Depuis 2020, la volatilité est de 15%, soit un niveau toujours très élevé.

A titre de comparaison, la volatilité historique EURUSD à 1 an est de 8%.

Facteurs pouvant influencer le réal brésilien

Nous concluons notre article en abordant des éléments de prospectives qui pourrait intéresser nos lecteurs.

Le réal brésilien (BRL) est une devise émergente dont l’évolution est fortement influencée par des facteurs macroéconomiques, financiers et externes (voir notre article Comment essayer de prévoir l’évolution des changes).

En premier lieu, la politique monétaire de la Banque centrale du Brésil joue un rôle important. Les variations du taux directeur Selic, souvent élevé par rapport aux standards internationaux, affectent directement l’attractivité du réal via les flux de capitaux de portefeuille et les stratégies de carry trade (voir notre article sur le carry trade).

Les prix des matières premières constituent un autre déterminant majeur. Le Brésil étant un grand exportateur de soja, minerai de fer, pétrole et produits agricoles, une hausse des cours internationaux tend à soutenir le réal en améliorant la balance commerciale et les entrées de devises. À l’inverse, une baisse des prix exerce une pression baissière.

La situation budgétaire et politique influence également la confiance des investisseurs. Les débats sur la soutenabilité de la dette publique, les réformes fiscales ou les incertitudes institutionnelles peuvent accroître la volatilité du réal. Par ailleurs, le niveau des réserves de change, parmi les plus élevées des pays émergents, agit comme un facteur de stabilisation.

Enfin, le réal est très sensible au contexte financier international. Le renforcement du dollar, la hausse des taux américains ou une montée de l’aversion au risque global entraînent souvent des sorties de capitaux des marchés émergents, pesant sur le BRL. À l’inverse, des conditions financières mondiales favorables soutiennent son appréciation. Le BRL est donc une devise risk on (voir notre article Risque de change pour les PME : notions de marché à connaitre).

[1] Banque Mondiale ; https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/FP.CPI.TOTL.ZG?locations=BR

[2] BIS Triennial Central Bank Survey, 2025

[3] DG Trésor, Relations bilatérales France - Brésil ; https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/BR/relations-bilaterales

[4] Brazil enacts legal framework for foreign exchange market, EY, 18 janvier 2022 ; https://globaltaxnews.ey.com/news/2022-5067-brazil-enacts-legal-framework-for-foreign-exchange-market

[5] Brazilian Government announces substantial tax changes affecting Interest on Net Equity, financial investments, betting operations and IOF regulations, EY, 12 juin 2025 ; https://www.ey.com/en_gl/technical/tax-alerts/brazilian-government-announces-substantial-tax-changes-affecting-interest-on-net-equity-financial-investments-betting-operations-and-iof-regulations

[6] https://fxtop.com/fr/loupe-graphique-historique-taux-change.php