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Afin d'affiner votre compréhension sur le sujet, nous vous invitons à poursuivre avec l'article qui suit :

Cet article traite d’une devise importante du marché des changes : le dollar canadien et probablement susceptible d’être utilisée par nos lecteurs, d’autant plus s’ils sont québecois. (voir notre article sur le marché des changes pour des ordres de grandeurs sur le marché des changes

Il sera utile aux décideurs responsables de la gestion du financement et du risque de change en entreprise, mais aussi à toute personne intéressée par la compréhension du marché des devises.

Attractivité du Canada pour les entreprises françaises

Le Canada est un partenaire économique notable de la France en Amérique du Nord, bien qu’il ne figure pas parmi les tous premiers investisseurs mondiaux dans l’Hexagone. En 2023, la France était le 12ème investisseur étranger au Canada avec un stock d’investissements directs étrangers (IDE) de 14,9 milliards de dollars, tandis que le Canada se classait au 23ᵉ rang des investisseurs directs en France avec un stock d’environ 13,9 milliards de dollars. Ces investissements français au Canada ont soutenu environ 128 304 emplois, contre 25 618 emplois générés par les investissements canadiens en France.

On estime que plus de 100 000 Canadiens vivent en France, tandis que le Canada compte entre 140 000 et 150 000 ressortissants français, dont les deux tiers vivent au Québec (source [1]).

La présence des entreprises françaises au Canada est significative, avec plusieurs grandes filiales présentes notamment au Québec et dans d’autres provinces. Les groupes français implantés emploient des dizaines de milliers de salariés dans des secteurs clés tels que l’énergie, les transports, l’aéronautique ou encore les services.

Du côté des échanges commerciaux, le commerce bilatéral de biens atteignait environ 8,4 milliards d’euros en 2023, avec une balance diversifiée incluant des produits agroalimentaires (vins, spiritueux), des produits pharmaceutiques, des équipements aéronautiques et des matières premières. Le Québec représente près de 46 % de ces échanges, ce qui en fait la principale province partenaire de la France au Canada. (source [2]).

Paiements internationaux avec le Canada

Au Canada, les paiements commerciaux s’effectuent principalement par virement bancaire international via le réseau SWIFT, généralement en dollars canadiens (CAD) ou en devises étrangères selon les contrats. Le Canada ne fait pas partie de l’espace SEPA et n’applique aucun contrôle des changes : le rapatriement des fonds est libre. Les banques facturent des frais de transfert et de change au taux du marché. Les opérations sont soumises aux règles de conformité, de lutte contre le blanchiment et aux obligations fiscales canadiennes et internationales.

Ordres de grandeurs sur le dollar canadien

1) Part du dollar canadien dans les transactions de change

Nous rappelons à nos lecteurs que la source d’information la plus complète sur les parts de chaque devise dans les transactions de change est celle réalisée tous les 3 ans par la Banque des Règlements Internationaux (source [3]) dont nous donnons quelques ordres de grandeurs dans notre article Le marché des changes, fonctionnement et ordres de grandeur. D’après les chiffres de 2025, le CAD est utilisé dans 5,8% des transactions (en baisse par rapport à 6,2% en 2022). Pour comparaison,  l’euro est présent dans 28,9% des transactions et le dollar américain dans 89,2% (sachant que le total est de 200% puisque chaque transaction implique une paire de devise).

2) Les échanges internationaux du Canada

Fortement dépendant du commerce international, le Canada maintient un niveau élevé d’ouverture commerciale, avec des flux d’exportations et d’importations soutenus malgré des défis conjoncturels. En 2024, la valeur totale des exportations canadiennes de biens a atteint près de 549,6 milliards USD, légèrement supérieure à celle des importations (environ 540,6 milliards USD), ce qui s’est traduit par un excédent commercial global d’environ 9 milliards USD (source [4]).


Les États-Unis restent de loin le principal partenaire commercial du Canada, concentrant plus de 60 % des échanges de marchandises et représentant près de 75 % des exportations totales, notamment dans l’énergie et les produits industriels. D’autres régions, comme l’Union européenne et l’Asie-Pacifique, contribuent aussi de manière significative aux flux commerciaux, avec des partenaires comme la Chine, le Royaume-Uni, le Japon et l’Allemagne figurant parmi les principaux débouchés ou fournisseurs.

3) La part du dollar canadien dans les paiements

Le franc suisse représente 2,61% des paiements dans le système SWIFT à fin 2024 (source [5]), derrière le dollar américain (49%), l’euro (22,3%) et le sterling (6,89%). La part de l’euro a fortement baissé depuis 2021, au bénéfice du dollar et des autres devises.

4) Part du dollar canadien dans les réserves de change

La part du dollar canadien dans les réserves de change est d’environ 2,77% (source [6]). A comparer avec 58% pour le dollar américain, 20% pour l’euro et 5,7% pour le yen.

Le CAD est donc la 5ème monnaie la plus détenue dans les réserves de change, devant le yuan mais plus pour longtemps.

Cours historique du dollar canadien contre euro

Le dollar canadien est une devise stable qui a oscillé entre 1,20 et 1,70 depuis la création de l’euro.

Volatilité

 La volatilité du dollar contre euro est l’objet d’un article dédié (Historique de la volatilité EURUSD) qui aborde les aspects calculatoire.

Pour la volatilité du dollar canadien contre euro, il est possible de mettre en œuvre la même méthode.

La volatilité historique à 1 an est de 8,3% environ d’après FXtop. C’est un niveau  de volatilité faible, comparable à la volatilité EURUSD.

La volatilité implicite des options peut être consultée sur le site investing.com (source [8]). Pour information la volatilité implicite à 1 an à la monnaie est de 5,63% en janvier 2026.

Facteurs pouvant influencer le dollar canadien

Nous concluons notre article en abordant des éléments de prospectives qui pourrait intéresser nos lecteurs.

Le cours de l’euro contre le dollar canadien EURCAD est influencé par une combinaison de facteurs macroéconomiques, financiers et structurels propres aux deux zones.

D’abord, les différentiels de politique monétaire jouent un rôle central. Les décisions de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque du Canada (BoC) sur les taux directeurs influencent les flux de capitaux : des taux plus élevés attirent les investisseurs et tendent à renforcer la devise concernée. Les anticipations de marché comptent souvent autant que les décisions elles-mêmes.

Il faut aussi considérer les autres traditionnels facteurs économiques : croissance du PIB, inflation (voir notre article Comment essayer de prévoir l’évolution des changes).

Ensuite, les prix des matières premières, en particulier le pétrole, ont un impact majeur. Le Canada étant un important exportateur d’hydrocarbures, une hausse du prix du pétrole soutient généralement le dollar canadien, ce qui pèse sur l’EURCAD.

Enfin, le sentiment global de risque joue un rôle clé. Le dollar canadien est souvent considéré comme une devise pro-cyclique ou risk on (voir notre article Risque de change pour les PME : notions de marché à connaitre).  : en période d’aversion au risque mondial, il peut se déprécier face à  l’euro, perçu comme plus défensif.