- Produits de change & couverture
- 11 août 2026
→ Catégorie : Expert▲▲▲
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Afin d'affiner votre compréhension sur le sujet, nous vous invitons à poursuivre avec l'article qui suit :
Cet article traite des NDF : les Non Deliverable Forward, qui sont un type de contrat de change à terme. (voir notre article sur les contrats à terme)
La différence avec les contrats à terme réside dans le fait qu’il n’y a pas règlement livraison de la devise mais un règlement en espèce.
La compréhension des NDF est utile pour les entreprises ayant à gérer un risque de change (voir notre article sur le risque de change) sur des devises peu liquides.
Elle est aussi utile aux particuliers qui a défaut de pouvoir traiter des NDF peuvent les utiliser pour l’évaluation des risques d’une position en devise.
Définition
Non Deliverable Forward se traduit par contrat à terme sans livraison. Il est en tout point semblable à un contrat à terme classique dans ses caractéristiques et la détermination de son prix.
La seule différence réside dans le fait qu’il n’y a pas d’échange d’une devise contre une autre à la date de règlement livraison, mais un règlement en espère (cash settlement).
Sur les marchés à terme de nombreux produits peuvent faire l’objet d’un réglement dit physique (en réalité physique uniquement pour les matières premières) ou bien d’un règlement en espèce.
Le règlement est simplement la différence entre le taux négocié lors de la création du NDF et le taux au comptant (spot) en vigueur constaté à l’échéance du contrat, multiplié par le notionnel.
Comme pour les swaps de taux (voir notre article sur les swaps de taux) on parle de notionnel car le montant n’est pas échangé.
Le taux constaté est fourni par une source indépendante, généralement un fixing de la banque centrale ou celui d’une association bancaire.
Utilité des NDF
Les NDF peuvent être utilisés pour spéculer, car contrairement à un opérateur commercial acheteur ou vendeur de biens ou de services en devise, le spéculateur n’a aucune position de change sous-jacente et donc aucun intérêt à recevoir une devise en échange d’une autre.
En réalité, les spéculateurs peuvent utiliser les contrats à terme classiques car il est très facile de négocier une opération en sens inverse avant l’échéance.
Le grand avantage des NDF est de pouvoir traiter des devises sur lesquelles reposent des restrictions. En effet, un contrôle des changes existe encore dans de nombreux pays dans lequel l’achat ou la vente de la devise nécessite des autorisations administratives. Les contrats à terme étant des produits financiers pouvant être utilisés pour la spéculation, le vendeur de la devise sous contrôle sera dans l’impossibilité de la livrer.
Un autre avantage est de pouvoir réduire le risque de contrepartie. En effet, dans certains pays seul les banques locales peuvent traiter des contrat à terme. Une entreprise peut traiter un NDF avec sa banque domestique ou une grande banque internationale et éviter l’exposition à une institution d’un marché émergent.
Pour quelles devises ?
Il semble qu’il existe une relative stabilité depuis une vingtaine d’année dans les devises les plus actives en NDF.
Une publication de 2005 (source : [1]) indique que les NDF les plus traités sont le won sud-coréen (KRW) et le real brésilien (BRL), en précisant que ces économies sont respectivement les 11ème et 15ème du monde, ce qui met en valeur leur importance.
L’étude triennale de la BRI (source : [2]), qui est une source d’information majeure concernant les ordres de grandeurs du marché des change (voir notre article ordre de grandeur du marché des changes), montre qu’en 2019 les devises les plus traitées sont le won sud-coréen (KRW), la roupie indienne (INR), real brésilien (BRL) et le dollar taïwanais (TWD). Donc une relative stabilité par rapport à 2005.
La publication précise que les NDF sont les seuls dérivés de change avec une part significative des transactions dont la compensation (clearing) est concentrée
Enfin, un article récent indique que le marché des NDF sur roupie indienne (INR) a fortement augmenté récemment (source : [3]).
Source : BRI [2]
Quels critères de décision ?
L’utilisateur potentiel d’un NDF doit les comparer aux contrats à terme et se poser les questions suivantes :
1) Est-ce que j’ai le choix ?
Si les restrictions réglementaires sont telles que les contrats à terme sont inaccessibles, la question est vite répondue.
2) Est-ce que je veux traiter avec une banque d’un pays émergent ?
Les contrats à terme peuvent être accessibles uniquement en traitant avec une banque locale, c’est donc une question de politique interne de gestion du risque de contrepartie.
3) Les NDF sont-ils plus ou moins liquides que les contrats à terme ?
Il faut observer la fourchette de cotation (bid-ask spread). Cette fourchette constitue un coût de transaction pour l’utilisateur.
Elle est généralement plus large pour les NDF que pour les contrats à terme sur les devises majeures, car les marchés des devises émergentes sont généralement moins liquides.
Néanmoins, certains NDF sont aussi voir plus liquides que des contrats à terme sur des devises émergentes livrables.
L’illustration suivante montre les fourchettes de cotation en spot, 1 mois, 3 mois, 6 mois et 12 mois pour le pesos argentin (ARS), le real brésilien (BRL), le pesos chilien (CLP), le yuan chinois (CNY), la roupie indienne (INR), le pesos philippin (PHP), le dollar taïwanais (TWD), le rouble russe (RUB), le dollar singapourien (SGD), le bath thaïlandais (THB), le rand sud-africain (ZAR), le florin hongrois (HUF), le zloty polonais (PLN), le dollar australien (AUD), l’euro (EUR) et le yen japonais (JPY).
Les données datent de 2005, mais elles montrent que le lien entre liquidité et « livrabilité » (le lecteur nous pardonnera d’inventer ce mot) n’est pas linéaire.
Source : The Treasurer, 2005 [1]
4) Y a t’il une différence de prix entre les NDF et les contrats à terme ?
Les facteurs exposés précédemment (restrictions réglementaires, risque de contrepartie) peuvent générer une différence entre les points de swap des NDF et des contrats à terme.
Cette différence peut être favorable ou défavorable en fonction du sens acheteur ou vendeur à terme.
Le tableau suivant (toujours issu de [1]) calcul la différence entre la décote à terme du real brésilien (BRL) contre l’USD. Comme les taux d’intérêt BRL sont plus élevés que les taux d’intérêt USD il y a une décote à terme. On remarque que la décote est plus importante avec les NDF. Ces chiffres datent de 2005 ils ne reflètent plus les conditions de marché actuelles et sont présentés au lecteur pour illustrer le raisonnement.
Source : The Treasurer, 2005 [2]
Les risques spécifiques des NDF
L’utilisateur d’un NDF s’expose au même risque de volatilité que pour toute transaction à terme. Il reste exposé au risque de transfert, c’est à dire l’impossibilité réglementaire d’acheter ou vendre la devise. Le NDF protège contre une variation de prix mais pas contre ce risque.
Il existe néanmoins des risques spécifiques aux NDF :
Le risque de base
L’entreprise utilisant le NDF pour couvrir une opération exécutera la transaction physique à un taux de change différent du taux constaté pour le règlement du NDF.
Cette différence, normalement faible, est appelée base.
Le risque de liquidité
La liquidité sur les NDF peut réduire drastiquement et rapidement en cas de crise politique, financière ou économique.
Il s’agit d’un risque important sur les marchés émergents qui concerne donc particulièrement les NDF comparativement au contrat à terme sur devises majeures.
[1] The nature and uses of NDFs, The Treasurer, janvier - février 2005
[2] FX volumes and evolving market structure, 2019 Triennial Central Bank Survey, Henry Holden and Vladyslav Sushko, Bank for International Settlements - European Central Bank, 19 November 2019, Frankfurt
[3] https://cfoengage.com/record-high-in-dollar-rupee-non-deliverable-forwards-trading/




























