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Afin d'affiner votre compréhension sur le sujet, nous vous invitons à poursuivre avec l'article qui suit :

Cet article traite d’une devise du marché des changes : le dirham marocain (MAD). Elle est susceptible d’être utilisée par nos lecteurs de part la proximité géographique et historique de ce pays avec la France. (voir notre article sur le marché des changes pour des ordres de grandeurs sur le marché des changes)

Il sera utile aux décideurs responsables de la gestion du financement et du risque de change en entreprise, mais aussi à toute personne intéressée par la compréhension du marché des devises.

Faits généraux sur le dirham marocain

Le mot dirham est dérivé de la drachme grecque. Le dirham est rétabli en tant que monnaie du Maroc en 1959 suite à l’indépendance de 1956.

La banque centrale du Maroc est la Bank Al-Maghrib, elle exerce un contrôle sur le taux de change du dirham.

Un nouveau régime de change a été mis en place à partir du 15 janvier 2018, il consiste à fixer le taux de change du dirham à l’intérieur d’une bande de fluctuation de ±2,5 %, au lieu de ±0,3 % précédemment, autour d’un taux central déterminé par la Bank Al-Maghrib sur la base d’un panier de devises composé de 60 % d’euro et 40 % de dollar américain.

Cette politique explique la grande stabilité du dirham par rapport à l’euro

Attractivité du Maroc pour les entreprises françaises

Le Maroc est un pays particulièrement attractif pour les entreprises françaises, en raison de liens économiques historiques, d’opportunités de croissance sectorielle et d’un environnement propice aux investissements étrangers. En 2023, les échanges commerciaux bilatéraux entre la France et le Maroc ont atteint environ 14,1 milliards d’euros, faisant du Maroc le premier partenaire commercial de la France en Afrique et la France le deuxième client et fournisseur du royaume. Cette dynamique reflète une intégration croissante du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales, notamment dans l’automobile, l’aéronautique et l’industrie manufacturière qui attirent des entreprises françaises (source [1]).

Sur le plan des investissements directs étrangers (IDE), la France demeure le principal investisseur étranger au Maroc. En 2023, les IDE français représentaient environ 31 % du total du stock d’IDE, avec plus de 1 000 filiales d’entreprises françaises employant environ 150 000 personnes dans des secteurs clés tels que l’industrie, les services, les infrastructures et les énergies renouvelables. De plus, en 2024, la France a maintenu sa position de leader avec plus de 13,5 milliards de dirhams investis, soit plus de 30 % des flux d’IDE du pays (source [2]).

L’attractivité du Maroc est renforcée par la proximité géographique et culturelle, la main-d’œuvre compétitive, les zones industrielles dédiées à l’export, ainsi que les incitations financières et fiscales offertes aux investisseurs étrangers. Par ailleurs, de grands projets industriels, dans le secteur automobile (ex. Renault, Stellantis) et de l’aéronautique, illustrent l’intérêt croissant des groupes français pour le Maroc comme plateforme d’exportation vers l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient (source [3]).

Ainsi, grâce à ses relations économiques solides avec la France, son potentiel de croissance et ses réformes favorables à l’investissement, le Maroc se positionne comme une destination stratégique pour les entreprises françaises souhaitant se développer à l’international.

Paiements internationaux avec le Maroc

Les transferts de fonds des marocains résidant à l’étranger (MRE) constituent l’un des principaux flux de paiements entrants : ils ont atteint un niveau record de plus de 12 milliards USD en 2024, soit une progression annuelle et une source essentielle de devises pour l’économie marocaine. Ces remises de fonds renforcent les avoirs de réserve en devises et soutiennent la consommation intérieure (source [4]).

Sur le plan des paiements électroniques domestiques et transfrontaliers, le Maroc connaît une accélération significative de la numérisation. En 2024, les transactions par carte bancaire ont atteint 192,5 millions d’opérations pour une valeur de 63 milliards de dirhams, avec une croissance notable des paiements à l’étranger par cartes marocaines (+52 % en nombre, +37 % en valeur), reflétant l’essor du tourisme et des dépenses internationales (source [5]).

Au niveau des systèmes de paiement interbancaires, Bank Al-Maghrib a enregistré une forte activité sur ses infrastructures de gros et de détail : le système de règlement brut a traité plus de 25 260 milliards de dirhams en 2024, traduisant l’intensité des paiements interbancaires domestiques et internationaux (source [6]).

Malgré cette croissance numérique, le cash reste prédominant, avec une circulation fiduciaire élevée, même si les virements et paiements scripturaux progressent rapidement (source [7]).

Enfin, des innovations réglementaires facilitent les paiements internationaux, comme la libéralisation des achats de devises via terminaux électroniques, renforçant l’interconnexion entre les circuits locaux et mondiaux (source [8]).

Les échanges internationaux du Maroc

Le Maroc est un pays fortement ouvert sur le plan commercial, où les échanges internationaux jouent un rôle majeur dans l’activité économique. Selon les données de la Banque mondiale, la somme des exportations et importations rapportée au PIB atteignait environ 95,8 % du PIB en 2024, ce qui reflète une très forte intégration du royaume dans les flux économiques mondiaux, bien au-dessus de la moyenne historique du pays et dans la moyenne mondiale des économies ouvertes (source [9]).

Les échanges commerciaux du Maroc avec le reste du monde ont atteint 1 217,6 milliards de dirhams en 2024, avec 456,3 milliards de dirhams d’exportations et 761,3 milliards de dirhams d’importations. Cela a conduit à un déficit commercial de 304,9 milliards de dirhams, soit environ 19,9 % du PIB, en raison d’une demande intérieure robuste qui alimente une forte demande d’importations.

A noter, le commerce sous le régime d’admission temporaire pour perfectionnement actif (ATPA) représente 45,8 % des échanges commerciaux globaux du Maroc (source [10]).

L’Europe demeure le principal partenaire commercial, concentrant près de 62 % des échanges totaux en 2024, principalement avec l’Espagne, la France, l’Allemagne et l’Italie.

Cette forte intégration commerciale se traduit aussi par une sensibilité aux cycles économiques internationaux, mais souligne clairement que le commerce extérieur reste un pilier essentiel de l’économie marocaine, tant pour les flux de biens que pour l’attraction des investissements et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Cours historique du dirham marocain contre euro

Le MAD est une devise extrêmement stable face à l’euro depuis 1990. En effet depuis 35 ans le MAD a oscillé entre 9,5 et 12, et si l’on regarde depuis 2005 le cours est resté entre 10,40 et 11,40.

Volatilité

La volatilité du dollar contre euro est l’objet d’un article dédié (Historique de la volatilité EURUSD) qui aborde les aspects calculatoire.

Pour la volatilité du dirham marocain contre euro, il est possible de mettre en œuvre la même méthode.

La volatilité historique à 1 an du MAD depuis 1990 est de 7% environ d’après FXtop. C’est un niveau  de volatilité faible qui s’explique par la politique de la banque Bank Al-Maghrib.

A titre de comparaison, la volatilité historique EURUSD à 1 an est de 8%.

Facteurs pouvant influencer le dirham marocain

Nous concluons notre article en abordant des éléments de prospectives qui pourrait intéresser nos lecteurs.

Le MAD est influencé par un ensemble de facteurs économiques, monétaires et externes, dans un cadre institutionnel spécifique marqué par un régime de change encadré, ce qui fait de la politique de Bank Al-Maghrib un déterminant central du taux de change.

Les fondamentaux macroéconomiques jouent un rôle clé. Le niveau du déficit commercial, structurellement élevé, exerce une pression à la baisse sur le dirham, tandis que les transferts des marocains résidant à l’étranger contribuent à son soutien. Les remises migratoires, qui représentent une source stable et significative de devises, sont particulièrement importantes pour l’équilibre du marché des changes.

Le niveau des réserves de change est également déterminant : des réserves élevées renforcent la crédibilité du régime de change et la capacité de la banque centrale à lisser les chocs externes.

Les dernières publications sur ce point sont très rassurantes : les réserves de change du Maroc ont atteint un record inédit de 431,24 milliards de dirhams à fin octobre 2025, en hausse de 19,6%. Les projections de la banque centrale tablent sur la poursuite de ce trend haussier (source [12]).

Par ailleurs, les conditions financières internationales, notamment l’évolution du dollar, des taux d’intérêt mondiaux et du prix de l’énergie, influencent indirectement le dirham via les importations et les flux de capitaux (voir notre article Comment essayer de prévoir l’évolution des changes).

Enfin, le climat de confiance, la stabilité politique et les perspectives de croissance à moyen terme jouent un rôle essentiel dans l’attractivité du Maroc et donc dans la dynamique du dirham.

[1] Dossier pays, France diplomatie ; https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/maroc/relations-bilaterales

[2] France remains Morocco's top foreign investor as FDI sees growth in 2024, Hespress, Imane Lechheb, 30 mai 2025 ; https://en.hespress.com/112086-france-remains-moroccos-top-foreign-investor-as-fdi-sees-growth-in-2024.html

[3] DG Trésor, Maroc, relations économiques bilatérales ; https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/MA/relations-economiques-bilaterales

[4] Moroccan expatriates' remittances hit record $12 billion in 2024, reinforcing economic stability, The Morocco Post, 3 septembre 2025 ; https://themoroccopost.com/moroccan-expatriates-remittances-hit-record-12-billion-in-2024-reinforcing-economic-stability

[5] Paiements par carte: Le Maroc accélère sa transition vers le numérique en 2024, SNRT News, Khaoula Benhaddou, 26 novembre 2025 ; https://snrtnews.com/fr/article/paiements-par-carte-le-maroc-accelere-sa-transition-vers-le-numerique-en-2024-141853

[6] BAM: Morocco Records Rapid Growth in Digital Payments in 2024, Morocco World News, Firadous Naim, 26 novembre 2025 ; https://www.moroccoworldnews.com/2025/11/269538/bam-morocco-records-rapid-growth-in-digital-payments-in-2024

[7] Explosion du cash, déclin du chèque : le grand écart des paiements au Maroc, Medias 24 Le Boursier, Fatima Ezzahra Rachidi, 6 août 2025 ; https://medias24.com/2025/08/06/explosion-du-cash-declin-du-cheque-le-grand-ecart-des-paiements-au-maroc

[8] Morocco Liberalizes Foreign Currency Payments Through Digital Terminals, The North Africa Post, 17 décembre 2025 ; https://northafricapost.com/93332-morocco-liberalizes-foreign-currency-payments-through-digital-terminals.html

[9] Morocco: Trade openness ; https://www.theglobaleconomy.com/Morocco/trade_openness

[10] Commerce extérieur : les échanges du Maroc progressent de 6,3 % en 2024, Hespress, Hicham Oukerzaz, 26 juillet 2025 ; https://fr.hespress.com/434826-commerce-exterieur-les-echanges-du-maroc-progressent-de-63-en-2024.html

[11] https://fxtop.com/fr/loupe-graphique-historique-taux-change.php

[12] Réserves de change: le Maroc atteint un record historique à 431 milliards de dirhams, le 360, Lahcen Oudoud, 11 décembre 2025 ; https://fr.le360.ma/economie/reserves-de-change-le-maroc-atteint-un-record-historique-a-431-milliards-de-dirhams_EODXTRSSGRCOPMBV66OYIFCYTY/

[13] https://www.village-justice.com/articles/reglementation-des-changes-maroc-quels-sont-les-transferts-autorises,48491.html