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- 8 juin 2026
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Afin d'affiner votre compréhension sur le sujet, nous vous invitons à poursuivre avec l'article qui suit :
Cet article traite d’une devise du marché des changes : la roupie mauricienne (MUR). L’Île Maurice est voisine de la Réunion et une diaspora significative vit en France, elle est donc susceptible d’être utilisée par nos lecteurs.
Nous espérons que cet article sera utile aux décideurs responsables de la gestion du financement et du risque de change en entreprise, mais aussi à toute personne intéressée par l’investissement ou le commerce avec l’Île Maurice.
Faits généraux sur l’Île Maurice
L’Île Maurice est une ancienne colonie néerlandaise (1638-1710), française (1715-1810), puis britannique (1810-1968). La population est de 1 214 000 habitants en 2024. La population est souvent multilingue et parle le créole mauricien (dérivé du français), le français et l’anglais.
Les taux d’intérêt directeurs de la banque centrale, la Bank of Mauricius, sont de 4,50% pour le key rate depuis le 12 novembre 2025 et de 3,25% pour l’Overnight Interbank rate depuis le 27 janvier 2026 (source [1]).
Les taux d’intérêt des obligations d’état de la République de Maurice libellés en roupies mauriciennes sont de 4,30% à 1 an, 5,60% à 10 ans et 6% à 20 ans en janvier 2026 (source [2]).
Attractivité de l’Île Maurice pour les entreprises françaises
Maurice se distingue par sa réputation internationale en matière de gouvernance et de climat des affaires. Le pays est régulièrement bien classé dans les indicateurs africains de facilité à faire des affaires et de compétitivité. Pour les entreprises françaises, l’Île Maurice représente ainsi une porte d’entrée crédible, sécurisée et fiscalement optimisée vers les marchés africains et de l’océan Indien, tout en offrant un environnement stable et prévisible pour un développement à long terme.
Le pays affiche un taux d’ouverture commerciale élevé, une inflation globalement maîtrisée (malgré 10,8% d’inflation en 2022, 7,1% en 2023 et 3,4% en 2024, source [3]) et une politique pro-entreprises assumée. Les autorités mauriciennes ont développé un écosystème favorable aux investissements étrangers, reposant sur une fiscalité attractive : impôt sur les sociétés plafonné à 15 %, absence de taxe sur les plus-values et possibilité de régimes d’exonérations partielles dans certains secteurs stratégiques (services financiers, TIC, innovation, économie bleue).
Pour les entreprises françaises, Maurice joue également un rôle de plateforme régionale. Grâce à son vaste réseau de conventions de non-double imposition, notamment avec de nombreux pays africains et avec la France, l’île est souvent utilisée comme hub d’investissement vers l’Afrique subsaharienne, en particulier pour les activités financières, juridiques, de conseil et de gestion régionale. La convention fiscale franco-mauricienne renforce la sécurité des flux d’investissements et de dividendes.
L’attractivité mauricienne repose aussi sur le capital humain. La population est majoritairement bilingue français-anglais, avec un bon niveau de qualification dans les domaines de la finance, du numérique, de l’ingénierie et des services. Cette proximité linguistique et culturelle facilite l’implantation et la gestion des filiales françaises. Par ailleurs, le cadre de vie, la stabilité politique et la qualité des infrastructures constituent des atouts non négligeables pour attirer des talents expatriés.
Selon le FMI, la France a un stock d’IDE s’élevant à 3,3 Md USD fin 2023 (soit 22,1 % du PIB). Selon la Banque centrale de Maurice, la France a été en 2024 le 1er investisseur en termes de flux d’IDE (hors Global Business), concentrant 28,9 % des flux entrants (180,7 M EUR, dont 3,5 M EUR en provenance de La Réunion). Elle devance ainsi l’Afrique du Sud (14,1 %) et la Suisse (7,1 %), confirmant la solidité et la diversification de sa présence économique sur l’île (source [4]).
Paiements internationaux avec l’Île Maurice
Les paiements internationaux avec l’Île Maurice s’inscrivent dans un cadre largement libéralisé, ce qui constitue l’un des principaux atouts du pays pour les entreprises et les investisseurs étrangers. Maurice a progressivement démantelé ses restrictions financières depuis les années 1990 et applique aujourd’hui un régime de libre circulation des capitaux.
Il n’existe pas de contrôle des changes à Maurice. Les entreprises et les particuliers peuvent librement ouvrir des comptes en devises, effectuer des paiements internationaux, rapatrier des dividendes, rembourser des prêts ou transférer des capitaux sans autorisation préalable de la Banque de Maurice. Les opérations sont simplement soumises aux obligations classiques de conformité bancaire (KYC, lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme).
Sur le plan fiscal, Maurice ne prélève pas de taxe spécifique sur les paiements en devises, ni de taxe sur les transactions financières transfrontalières. Il n’existe pas d’équivalent d’une taxe sur les flux de capitaux, d’un impôt sur les virements internationaux ou d’une taxe sur les conversions de devises. Les coûts associés aux paiements internationaux sont donc essentiellement bancaires (frais SWIFT, marges de change, commissions de correspondants).
Les paiements internationaux sont majoritairement effectués via le réseau SWIFT, et les devises les plus utilisées sont l’euro, le dollar américain et la livre sterling. Maurice dispose d’un secteur bancaire international développé, avec de nombreuses banques locales et étrangères capables de gérer des flux multidevises complexes.
Enfin, la stabilité du cadre réglementaire et l’absence de restrictions sur les paiements contribuent à la réputation de Maurice comme centre financier international. Pour les entreprises françaises, ce régime facilite les échanges commerciaux, le financement intragroupe, le versement de dividendes et l’utilisation de Maurice comme plateforme régionale vers l’Afrique et l’océan Indien, sans friction réglementaire sur les flux financiers.
Les échanges internationaux de l’Île Maurice
Les échanges internationaux de l’Île Maurice sont un élément central de son économie, illustrant une forte ouverture commerciale avec le reste du monde. En 2024, le commerce extérieur (biens et services) représentait environ 145 % du PIB, ce qui reflète l’intégration de l’île dans les flux internationaux malgré sa petite taille économique.
Sur le plan des biens, Maurice importe nettement plus qu’elle n’exporte, entraînant un déficit commercial structurel. En 2024, les importations de biens ont été évaluées à environ 6,8 milliards USD, tandis que les exportations de biens s’élevaient à près de 2,4 milliards USD. Les principaux produits importés comprennent des équipements industriels et machines, des produits pétroliers, ainsi que des biens alimentaires, tandis que les exportations se concentrent sur les produits agroalimentaires (viande, poisson), les sucres et les articles d’habillement (source [5]).
Les services jouent un rôle particulièrement important dans les échanges mauriciens. En 2024, les exportations de services ont atteint environ 6,1 milliards USD, dépassant largement les importations de services et contribuant à compenser le déficit en biens. Ce dynamisme s’explique en grande partie par le tourisme, les services financiers internationaux et les technologies de l’information (source [6]).
Maurice entretient des échanges avec une diversité de partenaires clés. En 2023, ses principales destinations d’exportation comprenaient l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et la France, tandis que ses principales sources d’importations étaient la Chine, les Émirats arabes unis et l’Inde.
Cours historique de la roupie mauricienne contre euro
La roupie mauricienne a une tendance historique à se dévaluer contre l’euro (pour la période 1960 à 1999 il s’agit d’un euro reconstitué à partir de l’historique des devises constituante de l’euro).
L’historique de l’EURMUR montre que de 1960 à fin 2025 en passant de 4,50 à 54,00, une appréciation de +1100% pour l’EUR et donc une dépréciation de -92% pour la MUR, soit une dépréciation annualisée de 3,75% par an.
Cette tendance c’est ralentie, avec de 2010 à fin 2025 une dépréciation de 42 à 54 soit -22% pour la MUR, soit -1,7% par an en annualisée.
A noter que de 2006 à 2020 la MUR a été stable avant de connaitre un décrochage important en 2020 lié à l’arrêt du tourisme (représentant 20 à 25% du PIB) lors de la crise de la pandémie du Covid-19.
Volatilité
La volatilité du dollar contre euro est l’objet d’un article dédié (lien avec Historique de la volatilité EURUSD) qui aborde les aspects calculatoire.
Pour la volatilité de la roupie mauricienne contre euro, il est possible de mettre en œuvre la même méthode.
La volatilité historique à 1 an de la MUR depuis 1960 est de 12,4% environ d’après FXtop. C’est un niveau de volatilité élevé qui s’explique par des épisodes de dévaluations soudaines.
Depuis 2020, la volatilité est de 13,4%, soit un niveau toujours élevé.
A titre de comparaison, la volatilité historique EURUSD à 1 an est de 8%.
Facteurs pouvant influencer la roupie mauricienne
Nous concluons notre article en abordant des éléments de prospectives qui pourrait intéresser nos lecteurs.
La roupie mauricienne (MUR) est une monnaie de petite économie ouverte, dont l’évolution dépend fortement de facteurs externes, sectoriels et macroéconomiques. Le premier déterminant est la balance des paiements, en particulier les flux de devises liés au tourisme, aux services financiers internationaux et aux exportations de biens. Le tourisme joue un rôle central : toute variation des arrivées de visiteurs et des recettes touristiques a un impact direct sur l’offre de devises et donc sur le taux de change.
Les conditions macroéconomiques internes influencent également la roupie. Le niveau de l’inflation, la politique monétaire de la Banque de Maurice et l’évolution des taux d’intérêt affectent l’attractivité des actifs libellés en roupies. Un différentiel de taux défavorable par rapport aux économies avancées peut entraîner des sorties de capitaux et exercer une pression baissière sur la monnaie (voir notre article Comment essayer de prévoir l’évolution des changes).
La situation budgétaire et la dette publique constituent un autre facteur clé. Une hausse des déficits ou une perception de relâchement budgétaire peut affaiblir la confiance des investisseurs, tandis qu’une trajectoire budgétaire crédible soutient la stabilité du taux de change. Les réserves de change, bien que relativement confortables, jouent un rôle de tampon en période de choc externe.
La roupie mauricienne est également sensible au contexte financier international. Les cycles de renforcement du dollar, la volatilité des marchés mondiaux et l’aversion au risque affectent les flux vers les monnaies des petites économies émergentes. Il s’agit donc d’une devise risk on (voir notre article Risque de change pour les PME : notions de marché à connaitre).
[1] https://www.bom.mu/monetary-policy/interest-rate-decisions
[2] https://fr.investing.com/rates-bonds/mauritius-government-bonds?maturity_from=50&maturity_to=260
[3] Banque Mondiale ; https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/FP.CPI.TOTL.ZG?locations=MU
[4] DG Trésor, Relations économiques bilatérales France-Maurice en 2024 ; https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/MU/relations-bilaterales
[5] Foreign trade figures of Mauritius, Lloyds Bank, mis à jour novembre 2025 ; https://www.lloydsbanktrade.com/en/market-potential/mauritius/trade-profile
[6] Ile Maurice : Contexte politico-économique, Global Trade Portal ; https://trade.mu/fr/portal/explorer-marches/fiches-pays/ile-maurice/contexte-economique-et-politique
[7] https://fxtop.com/fr/loupe-graphique-historique-taux-change.php



























