- Bases & Concepts généraux
- 15 février 2026
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Afin d'affiner votre compréhension sur le sujet, nous vous invitons à poursuivre avec l'article qui suit :
Comme le disent les participants au marché : « une fois qu’on a traité il faut livrer ».
Après la négociation -la phase marché-, suit la phase de règlement-livraison, dite phase de post marché.
Le terme règlement livraison vient des marchés de titres ou de matière première où l’acheteur paye (règle) en argent et on le vendeur livre un bien, titre ou marchandise.
Donc, au sens strict on devrait parler de règlement-règlement, puisqu’il s’agit d’un montant en argent contre un autre montant en argent.
Néanmoins on parle quand même de règlement-livraison pour les opérations de change. Noter que l’auteur de ces lignes aime couper les cheveux en quatre !
Les correspondants bancaires
Il est possible d’avoir un compte en banque en dollars américains dans une banque française, mais ce qu’il faut savoir, c’est que les dollars ne quittent jamais les Etats-Unis d’Amérique, de même que les euros ne quittent jamais la zone euro. En fait, la banque française qui propose un compte en dollars américains dispose forcement d’un compte dans une banque américaine. On parle de correspondant bancaire (correspondent bank).
Les relations pouvant être bilatérales entre les très grandes banques. Par exemple, JP Morgan va tenir le compte en USD de BNP Paribas et BNP Paribas va tenir le compte en euros de JP Morgan.
Néanmoins, JP Morgan n’a besoin que d’un seul compte en euro ! Donc, la plupart des relations seront unilatérales.
Note : Il existe une exception : les eurodollars, des dollars déposés dans des banques hors Etats-Unis d’Amérique. Attention à ce terme qui créer une confusion avec le taux de change euro contre dollar.
Nostro, Vostro et Loro
Les comptes qu’une banque A détient dans une autre banque B sont qualifiés de nostro, terme latin signifiant « à nous » par la banque A.
Les comptes que la banque B détient dans la banque A sont qualifiés de vostro (à vous) par la banque A.
Enfin, si la banque B utilise un compte détenu par une banque C, on parlera de loro (à eux) dans la banque A.
Tout dépend du point de vue donc.
Toute banque effectuant des opérations en devise doit avoir des correspondants bancaires, où, le plus souvent, un seul correspondant bancaire pour toutes les devises.
Les banques les plus actives dans l’activité de correspondant bancaire sont logiquement les plus grandes et les plus solides. En effet, la perception d’un risque de crédit faible est indispensable pour qu’une banque confie son argent (l’argent de ses clients surtout) à une autre banque.
Il n’existe pas de classement officiel, néanmoins les banques connues comme étant des leaders dans cette activité sont JPMorgan Chase, Citi, HSBC, Standard Chartered, BNP Paribas, Deutsche Bank, Barclays et UBS.
Cette activité tant à se concentrer de plus en plus, puisqu’il s’agit d’une activité de coûts fixes principalement.
A ce sujet voir » New correspondent banking data – the decline continues » de la BIS [1]
Le système SWIFT
SWIFT, qui signifie Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication, (l’acronime signie« prompt », « rapide » en anglais), est une société coopérative belge basée près de Bruxelles, détenue et contrôlée par ses adhérents parmi lesquels se trouvent les plus grosses banques mondiales. Fondée en 1973, elle a ouvert un réseau opérationnel de même nom en 1977. Sa principale fonction est de servir de réseau par lequel les messages permettant d’initier les paiements internationaux sont échangés.
Sans entrée dans des raffinements techniques, les messages utilisés pour les opérations de change sont :
MT 300 : confirmations ; qui permettent de détecter automatiquement les erreurs.
MT 202 : ordre de paiement envoyé au correspondant de la devise payée
MT 210 : préavis d’entrée de fonds au correspondant de la devise reçue
A noter que SWIFT gère l’enregistrement des BIC (Bank Identifier Code), le terme « Code SWIFT » est parfois utilisé pour désigner le BIC.
Les concurrents de SWIFT
La Russie a été menacée d’expulsion de SWIFT en 2014 et exclue en 2022, que qui l’a amené à développer son propre système SPFS (System for Transfer of Financial Messages) à partir de 2014.
La Chine a également créé son propre système : CIPS (Cross-Border Interbank Payment System) en 2015.
Les risques liés au règlement livraison
1) Le risque de remplacement
Si une des deux contreparties fait faillites avant le règlement livraison, il faudra remplacer à un cours différent, ce qui provoquera un gain ou une perte.
Le risque est particulièrement important pour les opérations de change à terme, puisque le décalage temporel entre le moment de la négociation et le moment du règlement-livraison fait que le cours peut fortement varier entre le cours négocié et le cours de remplacement.
Exemple : En juin 2008 j’achète des dollars à Lehman Brothers pour livraison décembre 2008 (s’il s’agit d’une transaction de change à terme), et je les revends instantanément à un client avec une petite marge. En septembre 2008 Lehman Brothers fait faillite et ne peut donc pas livrer les dollars. Je rachète les dollars à un prix beaucoup plus élevé sinon je suis moi même en défaut de paiement vis à vis de mon client. Je perds 500 000 euros car le dollar a beaucoup monté entre juin et décembre 2008 (exemple vécu par l’auteur).
Pour contrer ce risque :
Il est fondamental de choisir un partenaire dont le risque de faillite est le plus faible possible. C’est la gestion du risque de crédit.
De plus, les opérations à terme peuvent être collatéralisées (garanties par un dépôt) et donner lieu à des appels de marge.
2) Le risque de règlement multidevise
Une banque fait une opération de change euro contre dollar avec une autre banque. La banque paye l’euro durant la journée européenne mais sa contrepartie fait faillite à la fin de la journée et ne lui livre pas les dollars lors de la journée américaine.
Ce risque est appelé risque Herstatt du nom d’une banque allemande ayant fait faillite en 1974. Les règlements de devises européennes avaient bien été effectués mais les paiements correspondant en dollars n’ont jamais eu lieu, occasionnant de grosses pertes aux contreparties de Herstatt.
On note que les pertes sont beaucoup plus importantes que dans le cas du risque de remplacement.
Pour contre ce risque a été mis en place le système CLS (Continuous Linked Settlement). Aujourd’hui CLS compense 7 trilliards par jour d’opérations, soit 93% des opérations du marché des changes (sources CLS et étude triennal BRI).
Pour approfondir voir [2]





